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Jean-Pierre Lepri Façonneur de monde, |
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Retrouvez la majorité (et beaucoup d'autres...) de ces textes
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Les actes de Lecture
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Construire le sens |
Façonner le monde (préface du tome 2) |
Jeu de Lego (préface du tome 3) |
Ne lisez surtout pas cette
préface (préface du tome 4) |
| Lécriture JEU-ENJEU, JE EN JEU, JE ENJEU ? |
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Singe | |
| Des sens | |||
Pourquoi la plupart des hommes préfèrent ne pas
savoir -surtout ce qui pourrait les déranger- et pourquoi quelques autres cherchent à en
savoir toujours plus ? Les premiers pensent éviter ainsi de perdre du sens à leur vie,
les seconds espèrent lenrichir. Car le sens (s)use lorsquon sen
sert. Aussi faut-il soit le faire durer, soit le renouveler. Mais surgit tôt ou tard, et
plutôt plusieurs fois quune, la question fondamentale sur le sens de sa vie. Il ne
serait pas vraiment faux de dire que la réponse à cette question est quelque part dans
les millions de livres qui ont été écrits depuis des millénaires et que celui qui sait
lire peut la trouver. Mais, parce que la lecture est
construction permanente de sens, celui qui sait lire et qui lit est,
dune part, plus riche déléments quil a repris à son compte (de ses
lectures) et, dautre part et surtout, est plus familier des processus de construction de sens. Ainsi se trouve-t-il mieux
armé pour construire le sens de sa vie. Voilà pourquoi il vaut mieux connaître un peu
de physique, un peu de biologie, un peu dhistoire...que pas du tout. Voilà aussi
pourquoi il vaut mieux parler une ou plusieurs langues étrangères que nen point
parler, lire que ne pas lire... Toutes actions de
production de sens.
Ainsi ne peut-on que se réjouir que des groupes comme LSA-17
cherchent à faire lire, à faire comprendre comment on lit et comment
on fait lire, à faire construire du sens...à
partir du plaisir (des sens). Car léveil au sens ne va pas sans léveil des sens et le sens nexiste que par
nos sens. Vérité et valeurs sont bien affaire de sens.
Pour les atteindre, lisons et faisons lire ce livre dentraînement au sens et
dentraînement à lentraînement au sens.
Car bon sens ne saurait mentir.
Trois hommes sont occupés
à la " même chose ". Pourtant, lorsqu'on les interroge, le premier
répond : " je creuse un trou ", le second : " je
gagne ma vie ", le troisième : " je construis une cathédrale "...
Observons, au passage, que la réponse du second inclut celle du premier et que celle du
troisième inclut celle de ses prédécesseurs.
De la même manière, trois enfants " lisant " un livre pourraient successivement répondre : " je sais lire ", " j'aime lire ", " je construis une cathédrale ou un autre monde (avec une nouvelle cathédrale ou sans elle) et j'ai recours à l'écrit pour cela ". Observons qu'ici aussi la réponse du second inclut celle du premier et que celle du troisième inclut celle de ses prédécesseurs.
Savoir lire (comme creuser un trou) et aimer lire (comme gagner sa vie) sont, en eux-mêmes et pour eux-mêmes, de bien peu d'intérêt. Ce qui compte - même si l'on nen a pas toujours conscience -, c'est de façonner le monde, avec l'aide de l'écrit et d'autres langages. Et c'est bien (exclusivement) pour cet ouvrage que la meilleure maîtrise du plus de langages possibles a alors un intérêt.
De la même manière encore, parler de la lecture, c'est comme traiter du trou. Parler du goût et de l'intérêt pour la lecture, c'est comme traiter du gagne-pain. Construire une cathédrale (un monde) avec l'aide de langages (dont l'écrit), c'est alors traiter, non du sens du texte, ni du sens que le lecteur donne à ce texte, mais du sens que le sens que ce lecteur donne au texte a pour lui. Voilà pourquoi, au passage, les débats sur la (seule) lecture sont si passionnels : ils traitent, au fond et sans le savoir, du sens du monde et du sens de soi dans le monde.
Les plus beaux paysages ne sont pas situés dans l'espace, mais dans le temps : revus à quelque temps d'intervalle, ils ne seront pas aussi beaux ou ils le seront davantage. L'orientation (le sens) n'est pas spatiale, mais temporelle.
Toutes les cathédrales ne se valent pas. La valeur est ce qui (leur) donne un prix.
Les temps et les valeurs sont ainsi les éléments constitutifs du sens (pour soi) du monde et de soi dans le monde. Le monde et ses langages (dont l'écrit) nous façonnent, tout comme nous les façonnons. Travaillons donc à façonner le monde (à construire des cathédrales). Ne travaillons plus à creuser un trou ou à empiler une pierre sur une autre. Ne travaillons plus à (apprendre à) stocker ou à empiler des mots ou des phrases... mais à façonner le monde avec des écrits (et avec d'autres langages).
Merci au groupe LSA-17 de nous donner des outils pour sortir du trou,
du gagne-pain et pour viser la construction de cathédrales. Il y a des gens
qui parlent et des gens qui agissent. Mais tout comme on peut parler sans dire grand
chose, on peut aussi agir sans uvrer. Cheminons donc, avec les albums et avec
ce magnifique groupe LSA-17, vers le dévoilement de l'uvre personnelle : nous, les
élèves, les parents, les professeurs, les formateurs de professeurs, les autres... Que
le premier soit premier et l'accessoire accessoire !
Soyons, avant tout, des artisans de monde. Des artisans à façon. Sans façons.
A l'uvre donc !
Lire, cest comprendre La formule est bien insuffisante : Lire, cest comprendre par les yeux un texte écrit est plus conforme à la réalité de lacte de lire et de son apprentissage.
Cet acte suppose, en effet, un texte écrit, formé de " mots " -lesquels nexistent dailleurs quà lécrit. Un texte, cest au moins deux mots- mais deux mots, voire trois mille mots ne font pas nécessairement un texte. Le texte même origine que textile- est, en effet, un tissu déléments. Le sens du texte est dans la relation entre les mots, entre les mots et leur con-texte il nest pas dans les mots. Il ny a pas davantage de texte sans contexte, cest sans conteste.
Il ny a pas de texte sans lecteur. Cest le lecteur et lui seul- qui lit, qui lie les unités de sens entre elles. Lego : je lis. Lego : ce jeu de construction, si justement nommé, où limportant nest pas les briques, mais ce quon en fait lorsquon les relie entre elles. Lego : je lis. Lego : je lie. Limportant du Lego, cest le jeu, cest le je, qui lie, qui lit.
Car sans jeu, il ny a pas de je, et réciproquement. Pas de lecteur sans texte, pas de texte sans lecteur. Pas de lecture, sans je, pas de lecture sans jeu, et réciproquement. On peut savoir lire, on peut aimer lire et ne pas lire. Car ce qui compte, ce nest pas tant le sens du texte, cest la signification du texte (pour le lecteur). Ce qui compte, cest la raison pour lire (comme, ce qui compte, ce nest pas tant vivre que la raison de vivre).
Toucher à la lecture, cest donc toucher au sujet. Entraîner à lire, cest entraîner à être sujet.
Dans tout cela, les yeux jouent le rôle essentiel. Il faut comprendre le texte écrit du regard, sans la parole, sans le son. Que ne jouons-nous à Lego en silence ! Ce jeu-là se construit par lil - et ce je-là aussi.
Merci encore à cet entreprenant et persévérant groupe LSA-17 de nous offrir de nouveaux éléments pour toujours mieux construire ce sujet lecteur. Grâce à son travail, Lego devrait pouvoir être un peu moins un jeu (un je) de massacre et un peu plus le jeu du je, le je du jeu. Lego, cest bon pour légo.
Ne lisez surtout pas
cette préface !
Trop tard ! Vous avez commencé à la lire. Alors je continue à lécrire.
Je ne vous connais pas, je ne vous vois pas et pourtant vous me comprenez. Merveilleuse langue que lécriture qui permet de se comprendre seulement du bout des yeux. Une langue dune nature toute différente de la langue orale, un peu comme celle des sourds-muets : par le seul moyen des yeux. Et dune structure propre, particulière et différente de la langue orale (français écrit/français oral), particulière et différente aussi dautres langues écrites (français écrit/anglais écrit ).
Lire, cest nécessairement pratiquer une autre langue, celle des textes écrits en français déjà - et par exemple. Apprendre à lire, cest donc bien apprendre une autre langue.
Remercions donc encore cet étonnant, détonnant et détonant groupe LSA-17 qui propose de nouveaux moyens pour sentraîner à être bilingue en français.
Non, vraiment, il vaut mieux que vous ne lisiez pas cette préface,t mais que vous lisiez plutôt le travail de ce groupe. Et surtout que cette lecture ait un sens pour vous. Que vous ayez, pour cela, une raison, un objectif, une cible. Que, pour y être sensible, vous ne soyez pas sans cible.
Et pour que vos apprentis sages le soient davantage (davantage).
Ne lisez pas cette préface (trop tard, damned !). Lisez plutôt ce livre.
| Articles | Ouvrages |
| Former des enseignants ?, in Savoir 8, juillet-décembre 1996, pp 329-343, traduit en espagnol et publié au Mexique par le Secrétariat à l'Education de l'Etat de Jalisco.L'école en Guinée-Bissao contemporaine, in Lusotopie 1-2, L'Harmattan, 1994, pp 391-397, publié également à Bissao dans la revue de l'I.N.E.P. (Institut national d'études et de recherches) Les temps et la formation, Se Former+ 17, Voies Livres, Lyon, 1992, 31 p. Enseigner ? Apprendre ?, Se Former+ 10, Voies Livres, Lyon, 1992, 35 p., repris en partie in Empan 15, Toulouse, septembre 1994, traduit en espagnol : ¿Aprender ? Qu'est-ce que lire ?, Voies Livres 708, Lyon, 1991, 49 p. Comment se construit la signification du texte écrit ?, Voies Livres 66, Lyon, 1992, 23 p. | Education et nationalité en Guinée-Bissao. Contribution à l'étude de l'endogène en éducation, Voies Livres, Lyon,
1989, 580 pImages de la femme dans les annonces publicitaires des
quotidiens de Mexico, Voies Livres, Lyon, 1991, 252 p.
Apprendre à lire pour apprendre (dir.),
Voies Livres, Lyon, 1995, 273 p. |