L’HOMME
     DESCEND
          DU SIGNE 

- AH, GUE NON !

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L’homme descend du singe. " Et plus ou moins vite… ". L’homme a certes d’abord crié, puis parlé, avant de dessiner, puis d’écrire. De la même manière, le fœtus est d’abord sensible aux vibrations acoustiques, avant d’être, nourrisson, sensible aux vibrations lumineuses. Certes il " entend " avant de voir, il s’écrie avant de s’écrire.

Toutefois, " à l’heure actuelle, une cinquantaine de chimpanzés dans le monde connaissent [le langage visuel] des signes et peuvent ainsi communiquer à double sens avec les humains ". Mieux, " les chimpanzés [continuent] à converser entre eux " dans cette langue et des mères l’enseignent à leurs petits. " La guenon Lana commande des signes [lexigrammes, par l’intermédiaire d’un ordinateur] qui n’ont pas forcément de sens en eux-mêmes, mais dont l’association peut prendre du sens ". Alors que, bien entendu (ou bien vu ?), ces chimpanzés sont recalés à l’oral (de ces mêmes humains). Puissance et revanche de la communication idéovisuelle ? Ne dit-on pas : " Je vois très bien ce que vous voulez dire… " ?

Le signe, c’est ce qui fait que ça signifie. C’est la trace, le " mis pour " quelque chose d’absent. Signer, c’est laisser sa trace, sa représentation. Se signer, c’est marquer la trace du grand absent. Le champ du signe, pour l’homme, est tout le contraire de son chant du cygne : si cet oiseau ne chante pas, " c’est bon signe, signe que vous pouvez signer " le tableau, c’est signe que vous pouvez l’" encadrer ".

Le signe, c’est bien ce qui caractérise l’homme, ce qui le fait être homme. Les signes, il les imagine, il les rêve, il les songe. Oui, aujourd’hui

l’homme descend du signe,
l’homme descend du songe,
l’homme descend des Synge.

Jean-Pierre LEPRI