EXPLICATION DE TEXTE

LIRE DANS LE TEXTE

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Pour qu’il y ait un sens, il faut au moins un point d’origine et un point d’arrivée, sens unique ou pas, enrichi par les autres points à la marge de l’itinéraire, par les sens cachés, voire les sens interdits ou les contre-sens… Il n’y a de sens possible que dans une interrelation d’éléments, une trame, un tissu… un textile, en fait, un texte. Le texte(1) est, étymologiquement et concrètement, un tissu d’éléments qui forment un tout et dans lequel on peut voir plusieurs « tout », selon qui le regarde, où, quand, comment, pourquoi et pour quoi…

 

On ne peut donc lire un mot, encore moins des lettres, voire une(des) phrase(s)… qui n’entreraient pas dans un tissu-texte. Le sens ne vient que du texte. On ne peut donc comprendre qu’un texte-tissu, que ce texte soit verbalement écrit ou non-verbal - et rien d’autre. Tout le reste n’est pas littérature. Dans ce champ, les maîtres-mots sont des mots de maîtres : ce sont souvent les moindres mots(2).

 

Le texte a un aspect matériel, physique. Le moindre trait sur la page partage celle-ci en noir et blanc (si tout était noir, si tout était blanc…) et l’on ne peut pas dire que le blanc y soit moins important pour signifier. La position du noir sur le blanc – ou du blanc autour du noir – participe au sens du texte. Il n’est pas indifférent de lire le même fait divers dans son journal du jour, dans un polycopié (photocopillé lui-même du manuel scolaire)…

Combien de « textes-tissus », au sens plein du mot « texte », pendant combien de temps et pourquoi… pendant la journée scolaire ? Quand et où apprend-on à les lire alors ? Quand forme-t-on ces citoyens du texte, ces sujets du texte, au double sens du mot : producteurs-auteurs et assujettis ?

Combien ont le mal de texte quand ils se trouvent tête-à-texte ?

Voulons-nous des têtes de lecture ou des lectures de textes ?

Jean-Pierre Lepri